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Rencontre avec Nicolas Tanner

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« Pour la Suisse,  il faut le meilleur artiste avec la meilleure chanson possible ! »

Nicolas Tanner est consultant externe pour la RTS et spécialiste de l'Eurovision en Suisse Romande. Pour Eurovision-Info, il explique comment la Suisse voit sa participation à l'Eurovision.

Pourquoi la Suisse donne-t-elle l’impression que l’Eurovision est une affaire alémanique ?

En Suisse, les Alémaniques représentent près de 60% de la population. Les Romands ne sont que 27%. Le rapport de force est donc déjà différent, comparé avec la Belgique. L’Eurovision est plus populaire du côté germanophone. Il existe d’ailleurs un club OGAE en Suisse, mais il est surtout en allemand. Les Francophones doivent donc se tourner vers le club OGAE France. Mais l’influence du pays voisin joue aussi sur la popularité du Concours. Les Allemands ont plus d’intérêts pour l’Eurovision que les Français, ça se ressent aussi chez nous, comme c’est la cas aussi en Belgique.

Il n’y a pas aussi un désintérêt des artistes suisses francophones pour cette compétition ?

C’est vrai que ces dernières années, les participations ont toutes été issues de Suisse allemande. Il n’y a quasi plus de Romands qui se présentent au Concours. Je pense que la mauvaise image générée par le Concours Eurovision en Francophonie y est pour beaucoup. Mais ça commence à changer. La participation de Patricia Kaas pour la France en 2009 a provoqué un petit électrochoc. Mais en Suisse romande, il y a encore beaucoup de travail à faire.

Pourquoi ne pas jouer la carte de l’alternance linguistique comme en Belgique ?

Ce n’est pas du tout dans la mentalité suisse de faire comme chez vous. Les télévisions publiques en Suisse ne sont pas aussi indépendantes qu’en Belgique. Il y a un organisme national (SSR-SRG-idée suisse – ndlr) qui chapeaute les télévisions des différentes communautés linguistiques et qui les finance. Les Suisses paient une redevance nationale qui est reversée à la SSR et qui permet par exemple d’obtenir des droits télévisés pour tout le territoire et qui permet à des plus petites télés comme dans le Tessin de proposer de très bons programmes. Au prorata, la Suisse alémanique paie énormément pour la RTS, par exemple. C’est un consensus qui permet aussi une cohésion nationale, justement pour éviter de mettre en avant des différences de culture entre les Germanophones, Francophones et les Italophones.

Ce système ne ferme-t-il pas les portes aux chanteurs qui ne sont pas de Suisse allemande ?

Non, puisqu’en 2008, la Suisse a envoyé Paolo Meneguzzi qui est un artiste Tessinois et qui a été choisi en interne. Il y a avait un représentant de chacune des trois télévisions.  Ils ont balayé le terrain ensemble. Ce n’est donc pas la télévision alémanique qui choisit parce qu’elle représente la plus grande communauté du pays. C’est à chaque fois à l’unanimité que le candidat est désigné. C’était le cas l’année suivante pour les Lovebugs ou encore DJ Bobo, Michael von der Heide et même les Vanilla Ninja en 2005. Pour la sélection 2010, il y a eu une recrudescence de candidats romands qui avaient postulé, mais en vain… Chaque sélection interne a toujours été décidée en accord avec les trois télévisions.

Ces dernières années, la Suisse n’a pas brillé au Concours…

Le problème de la télévision suisse, c’est qu’elle regarde trop ce qu’il s’est passé l’année précédente lorsqu’elle a désigné son candidat. Quand « Molitva » remporte le Concours en 2007, la Suisse envoie une ballade italienne en 2008. Quand la France marque des points avec une chanson très francophone, nous envoyons l’année d’après une chanson en français… C'est bien de se pencher sur ce qui a gagné, mais il faut aussi un peu sentir les tendances futures. Pour cette année, par exemple, la question à se poser est « qu’est-ce qui pourrait plaire après Lena ? ». L’erreur de la Suisse serait de désigner une personnalité identique à Lena Meyer-Landrut, avec un style un peu déjanté aussi. Nous devons trouver notre propre personnalité avec notre style, et qui pourrait plaire au public européen. C’est très difficile mais la Belgique a très bien réussi cela avec Tom Dice.

Cette année, la Suisse revient à un mode de sélection public. C’est une marche arrière ?

Il n’y a pas de type de sélection idéale. Les Lordi ont gagné l’Eurovision après une sélection télévisée publique. Patricia Kaas pour la France vient d’une sélection interne, et avant elle, les Français n’avaient pas beaucoup de succès avec des choix internes à France Télévisions. Il y a aussi la sélection hybride où la chaine choisit l’artiste et le public, la chanson, comme l’ont fait Israël et les Pays-Bas. Pour la Suisse, on part de l’idée qu’il faut le meilleur artiste qui va proposer la meilleure prestation avec la meilleure chanson possible. Après, le choix se fait en fonction des candidatures reçues. La Suisse pourrait également faire appel à des artistes confirmés et qui manifestent un intérêt pour la compétition, mais dans ce cas, il y a une question de coût aussi. Je pense que la candidature de Patricia Kaas a du être une grosse dépense pour la télévision française, même si le retour en sponsoring a été très intéressant pour France 3. Il se disait également à Oslo qu’au final, la participation de Patricia Kaas a couté moins cher que celle de Jessy Matador.

La TSR préfère programmer le Concours sur TSR2, pourquoi ce choix ?

C’est une politique de la Radio Télévision Suisse de mettre les grands évènements sur son second canal. Ce n’est pas un désaveu de la part du diffuseur, et l’audience ne s’en ressent pas. L’Eurovision attire toujours 30% du public romand, même si avec une pointure comme Patricia Kaas, plus de personnes suivent le Concours.

La RTS reste un des derniers diffuseurs à ne pas aussi proposer l’ « autre » Demi-finale…

Oui, et il y a eu pas mal de plaintes cette année qui sont arrivées tant à la TSR à qu’à la SF. Peut-être auront-elles une influence pour l’année prochaine ?

Après l’échec de Michael von der Heide, des voix se sont élevées pour que la Suisse raccroche…

Ca venait surtout de Suisse romande. La Romandie a moins soutenu la participation cette année. Parce que la prestation sur la scène à Oslo était assez différente de ce qui avait été proposé aux « Swiss awards », lors de la première de « Il pleut de l’or ». D’un autre coté, la Suisse n’est pas membre de l’Union européenne et il y aurait une crainte de se retrouver un peu exclu de tout. Je suis consultant externe pour la délégation suisse, et ce que je ressens, c’est que la Suisse veut participer à l’Eurovision avec la meilleure chanson qu’il soit.

  - « Die Grosse Entscheidungsshow », la sélection nationale suisse, ce soir à 20h05 sur TSR2, avec Jean-Marc Richard et Nicolas Tanner aux commentaires.

Propos recueillis par Pierre Bertinchamps
Photo : N. Tanner
 
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